Afin d’interroger un phénomène particulier qui consiste à transposer des plantes dans des expositions d’art contemporain, j’ai créé un appel à projet au près d’un public attentif pour activer la question de la nature en tant qu’objet artistique et non comme sujet.

 

L’appel à projet consiste à réunir des individus et leurs plantes au sein d’une installation in situ et éphémère, les exposer à trois événements - se séparer, participer, témoigner - pour constituer une expérience artistique. L’artiste a pour rôle de mettre en place un cadre sous forme d’installation in situ, d’archiver en photographie chaque rencontre entre la plante et sa place dans l’installation, de collecter sous forme vidéo chaque réflexion sur ce phénomène plastique.

 

Se séparer pour mieux s’engager. Cette distance même un temps court sort la personne de son quotidien puisqu’elle devient une partie d’un projet artistique collectif. Cette séparation avec sa plante lui permet d’observer le lien qu’elle entretient avec celle-ci et ce qu’elle représente dans son espace intime. Chaque plante est nommée par le nom de son propriétaire pour la reconnaître lors de son retrait. Cette expérience se base sur le concept du public créateur et non spectateur : sans sa participation, le projet n’existe pas.

 

Participer à un projet artistique, c’est aussi l’habiter.

L’installation in situ dans une galerie type white cube contextualise le phénomène dont il est question. C’est aussi un moment où le public entre dans l’espace intime de l’artiste puisqu’il y circule et le transforme. Pour estomper les angles du white cube et créer des repères familiers, j’utilise d’autres de mes médiums tels que le miroir, des pieds photos, des chaises, des photographies de forêt en noir et blanc, en plus d’un de mes outils reconnaissables qui est la pellicule photographique. On peut donc se retrouver un peu comme à la maison dans une galerie d’art contemporain.

 

Afin d’analyser ce que représente ce phénomène plastique et comprendre la signification de ce déplacement, une collection de témoignages vidéos est créée où l’artiste invite chaque participant à un dialogue où 3 questions essentielles sont échangées : « Qu’est ce que représente la nature ? Quelle est la place de la nature dans votre quotidien ? Est ce que la nature a sa place dans une galerie d’art contemporain ? »

 

Cette première expérience concentrée sur 16 participants a ouvert le projet sur une nouvelle problématique : les effets produits par une plante ne sont-ils pas similaires à ceux d’un objet d’art : un attachement visuel, un besoin intrinsèque, une décoration, un objet de discussion, un lieu de sublimation ?