Photosynthèse regroupe une série d’installations de films cinématographiques variés réalisées le plus souvent dans la forêt et dont l’expérience consiste à capturer l’altération de la matière et celle du temps de nos souvenirs, à en observer la métamorphose et à expérimenter la concordance entre ces deux milieux complétement opposés, c’est à dire le naturel et l’artificiel.

 

L’altération émerge de la rencontre entre deux outils de natures différentes : la pellicule en plastique recouverte de surfaces chimiques et la forêt, moteur du temps qui passe et des transformations par les saisons. Exposer la pellicule à la lumière la condamne à ne pas se révéler, elle ne peut plus créer d’images. L’altération apparaît aussi sous une autre forme, plus existentielle : elle symbolise notre perception du temps et du cadre qu’on construit pour créer notre histoire, nos souvenirs.

Seulement, ces expériences vont au-delà d’un rapport destructif, elles métamorphosent les éléments : la pellicule est exposée au point de se transformer, elle change de couleurs et cicatrise ces phénomènes météorologiques. On observe alors la production d’une apparition originale et nouvelle, quelque chose crée entre l’activité humaine et celle de la nature, qui reste impalpable et instantanée, qui se voit à la seconde. Une nouvelle manière de voir notre présent se montre, elle ne représente plus rien de réel.

Les formes des installations s’adaptent à l’architecture de l’environnement choisi.  Quand on découvre une de ses installations dans la forêt, on peut ne pas saisir la relation entre la nature et le film cinématographique qui semble ne pas être à sa place. Pourtant une forme de concordance s’est installée où ce qui altère n’est pas la présence d’une matière artificielle mais bien l’action de la nature.

Ces installations reflètent l’intemporalité de nos existences et désignent la nature comme seul témoin de l’activité humaine à long terme.

Andréa Vamos

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