Amnésia - Images nomades et mémoires fantômes.
Exposition collective au centre Tignous d’art contemporain à Montreuil sur Marne du 23 janvier au 11 avril. Commissaire d’exposition :
Luz Blanco.
« AMNESIA - Images nomades et mémoires fantômes » présente un corpus d’oeuvres habitées par la question de l’hantologie*, de la mémoire et de l’oubli.
La malléabilité de l’image devient le fil conducteur entre les six artistes : Jeux d’émiettements, de fluidité et d’apesanteur construisent un espace de spectralité, entre visible et invisible, flux et impermanence.
Un premier lieu, comme « antichambre », présente un flux d’œuvres abstraites — sorte de backup mémoriel — nous invitant à abandonner toute référence tangible. Une image pixel – Home - faite à 4 mains, nous invites dans la boucle. Passé ce sas, se tient « Humanoïde de Lerne — Réminiscence 2.0 », seule présence matérielle, sculpturale, qui, tel le cerbère gardien de l’exposition, nous alertes sur le spectre bien réel de l’i.a, qui tente aujourd’hui de coloniser nos mémoires. Face à cette machine techno-organique, les séries digitales « Mon Havre & Défragmentation » esquissent un « réalignement », interrogeant la part de libre-arbitre dans un monde dominé parle numérique. L’artiste y maîtrise bugs et erreurs, jouant de ses distorsions par la magie pigmentaire, comme autant de voiles révélant nos subjectivités mémorielles face à nos territoires biographiques. « Les distorsions deviennent métaphore visuelle de la manière dont le passé persiste et se réinvente. » Ces œuvres dialoguent avec l’installation « 36 pauses à l’Est de 89 », territoire sensoriel où images, sons, transparences et lumières se répondent. Forêt d’impressions sur celluloïd, gélatines, LED et vidéos se mêlent dans une œuvre polyphonique d’une douce poétique. L’espace, métamorphosé, évoque la rupture historique de la Yougoslavie en 1989 : un parcours en tension entre histoire et mémoire vive, où chacun devient l’architecte d’une résistance intime. Un deuxième sas introduit « Chambre d’échos », caverne aux peintures luminescentes, sol en lac miroirs réfléchissant la lumière. Ce tunnel chromatique, entre lanterne magique et mirage, révèle peu à peu des fragments d’images et de mots, dont certains font échos aux autres œuvres Partage du sensible « persistance rétinienne, ou effet de l’esprit; les images restent latentes ° ° ou se donnent à voir °petit à petit. » L’espace final nous confronte au sujet de l’amnésie, par le film intimiste « la photo retrouvée », collage d’archives super 8, réactivées par la voix off de l’artiste. Fantômes mémoriels, qui se mixent à l’installation «Amnésia °3» qui envahit l’espace par modules autonomes : dessins sur textile, drapeaux de soie flottants, fragments d’objets et d’images, de néons et autres présences textuelles _ L’artiste assemble des modules autonomes aux différentes historicités, qui se croisent et s’ accouplent par ponctuations. « chaque médium °entre matière et immatérialité ° composent un poème de présences, venant ponctuer l’ espace, en poème visuelle ».
L’exposition AMNESIA se déploie dans une déambulation pensée comme un paysage mental, un lieu de présence et d’absence, nous invitant à ressentir chaque oeuvre à travers le prisme de nos propres spectres mémoriels, interstices amnésiques et autres réminiscences.